Il en est du bonheur comme des montres : les moins compliquées sont celles qui se dérèglent le moins.
Chamfort

"Vous auriez l’heure ?"

Où l’on apprend qu’un bon produit peut vous mener à la ruine.

Un ouvrier horloger posant les cadrans et les aiguilles d'une montre, à Besançon, début XXe / Photo : Jacques Borgé et Nicolas Viasnoff, Archives de la Franche-Comté, 1996

Morteau, 1881. Monsieur Belzon inaugure son immense usine de montres dans cette région de Franche-Comté qui a déjà une longue tradition horlogère derrière elle. Mais Belzon innove : le processus de fabrication de ses montres est standardisé et mécanisé. Et l’entrepreneur voit grand : il embauche d’emblée quelque 800 ouvriers ! La "Grande Fabrique", comme on appelle l’usine Belzon, est une véritable fourmilière.

Son produit phare ? La "montre à cent sous" : vendue à un prix abordable, cet accessoire est pourtant de très bonne qualité. Et peut-être même de trop bonne qualité !

Extrêmement robustes, ces montres ne nécessitent pas la moindre réparation, et encore moins de remplacement ! Résultat, à peine quelques années plus tard, Belzon est obligé de mettre la clé sous la porte…

Mais malgré ce revers commercial, l’entreprise a tout de même eu un impact positif sur l’économie de la région. À la suite de Belzon, nombreux sont ceux qui osent se lancer dans des aventures industrielles - heureusement plus réussies !

Salle du musée du temps, Besançon / Photo : Arnaud 25 CC BY-SA 3.0