L'eau, liquide si impur, qu'une seule goutte suffit pour troubler l'absinthe.
Alfred Jarry

"La fée verte"

Où l’on joue les géologues avec de l’absinthe.

Feu à l’usine Pernod Fils, 11 août 1901, carte postale, musée virtuel de l'absinthe / Photo : D.R.

11 août 1901. Le tonnerre gronde à Pontarlier ce jour-là. Soudain la foudre frappe la distillerie Pernod, et un incendie gagne l’usine située au bord du Doubs. Pour éviter que le feu n’embrase les cuves remplies d’alcool, un courageux ouvrier ouvre grand les vannes, et des milliers de litres d’absinthe se déversent dans la rivière.

On raconte que des soldats en garnison dans la ville utilisent leur casque pour s’abreuver d’absinthe diluée, tandis que des habitants plongent carrément dans la rivière alcoolisée ! Mais l’histoire ne s’arrête pas là…

Deux jours plus tard, à une quinzaine de kilomètres de Pontarlier, un homme se promène au bord d’une petite rivière nommée la Loue. Il perçoit comme une odeur anisée. Mais, la Loue ne serait-elle pas un peu plus verte que d’habitude ? Eh oui, cette eau-là contient bien de l’absinthe !

C’est ainsi qu’on découvre que la Loue est une résurgence du Doubs : peu après Pontarlier, une partie des eaux du Doubs s’engouffre dans une faille, et elle ressort à des kilomètres de là, sous le nom de Loue. Et c’est prouvé quelques années plus tard… par une méthode un peu plus scientifique que celle de l’absinthe !


Source de la Loue, Ouhans / Photo : © CRT Bourgogne-Franche-Comté / Laurent CHEVIET