L’état de courtisan est un métier dont on a voulu faire une science.
Chamfort

"Ça valait bien la peine…"

Où l’on découvre un roi assez peu fiable.

Château d'Ancy-le-Franc / Photo : © Alain DOIRE / Bourgogne-Franche-Comté Tourisme

Un plan carré bordé de quatre pavillons d’angle à la symétrie parfaite, une splendide cour intérieure aux élégantes arcades, des peintures de grands maîtres… Voilà un palais digne d’un roi !

Il faut dire que son commanditaire, Antoine de Clermont de Tonnerre, n’a pas fait les choses à moitié. Il a engagé un architecte ainsi que des peintres que le roi de France a fait venir d'Italie pour créer son château d’Ancy-le-Franc. Eh oui, nous sommes en pleine Renaissance, et les idées nouvelles qui viennent de l’autre côté des Alpes sont très tendance !

25 ans plus tard, Antoine se lance à nouveau dans les travaux : il souhaite accueillir dignement le roi de Pologne et futur roi de France Henri III. Pour plaire au souverain, Clermont aurait ainsi décoré trois pièces du château, en prenant le soin de faire sculpter les armes de France et celles de la Pologne. Il se serait même cruellement endetté pour réaliser ces décors.

Manque de chance, Henri III change ses plans… et ne mettra jamais les pieds à Ancy ! Le pauvre Antoine ne saura jamais que plus tard, ses descendants recevront à Ancy Henri IV, Louis XIII et enfin Louis XIV.

Jean Decourt, Portrait d'Henri, duc d'Anjou, vers 1570, Bibliothèque nationale de France, Paris